Thomas à la conquête de la Race Across

Cette année, le gros objectif de la saison n’est pas un triathlon pour moi, mais la Race Across 2500km : une épreuve d’ultracyclisme réputée pour ses paysages et sa difficulté. Au Programme, 2483km et 28600m+, à boucler en 10 jours max !

Après une traversée en train avec le vélo et tout mon bazar en train, me voilà à Hendaye, au pieds des Pyrénées, prêt à prendre le départ. Le premier s’élance à 20h, puis les suivant toutes les 30s. Mon départ se fera donc à 21h10.

Jour 1
On commence donc cette première journée par remonter un peu le long de la côte, et je dois dire que c’est assez fou de réaliser qu’on est parti pour prêt de 2500km ! avec la nuit qui tombe, on arrive déjà sur les premières difficultés, avec un petit pétard à 20%, pour mettre tout le monde d’accord. Je croise le premier malheureux de la course, qui vient de casser sa roue libre… il aura fait 40km 🙁
Je roule une centaine de kilomètres, puis je me décide d’essayer de faire une petite nuit pour être en forme le lendemain. J’ai de l’énergie, mais les yeux picotent un peu, je pense que c’est le plus prudent. Résultat : 2h30 a attendre que le temps passe sur mon matelas, l’adrénaline du départ m’empêche de m’endormir… tant pis, je repars. Avec le jour qui fini par se lever doucement, je découvre les paysages des Pyrénées, avec d’abord la Route des Crêtes, puis le col d’Aubisque (sacré morceau, avec ses 17km à plus de 7% de moyenne, sympa quand le vélo fait 18kg !), et enfin le col du Soulor. Après une petite pause coca en haut (on sent déjà la chaleur qui monte), il est temps de descendre sur le Pays Basque en évitant les vaches qui se baladent sur la route. Et la on va prendre chaud ! c’est un enchainement de petites bosses bien raides, juste assez longue pour bien chauffer, mais assez courte pour ne pas avoir le temps de refroidir sur la descente… ca se combine parfaitement avec les 41°C à l’ombre, et chaque fontaine est assaillit de RAFeurs, et j’irai même faire un tour dans une rivière pour me rafraichir !
Avec tout ca les kilomètres s’enchainent, et je réserve un hôtel avec un autre concurrent à Condom (lol…), pour boucler une première journée de 375km et 5220m+, rien que ça !

Jour 2
On a reçu l’info la veille : il y aura neutralisation de la course de 12h à 16h, avec interdiction de rouler à cause de la canicule. La base de vie de Créon n’est qu’à 150km, ce sera donc mon objectif pour la matinée. Réveil à 5h, et départ dans la foulée pour avaler les kilomètres tant qu’il fait encore un peu frais.
La pause neutralisation sur la base de vie est plutôt agréable, avec ravitaillement, douche, des lits de camps et même une petite piscine pour se rafraichir ! Je repars á 16h avec les autres, il fait encore bien chaud… mais les paysages sont encore une fois vraiment sympas, avec un petit passage à St Émilion (pas de place pour ramener un souvenir, dommage !). Les températures ne baissent que tard, mais avec le « frais » la forme revient, et je roule bien jusqu’à minuit environ, ou je m’arrête pour une nuit à la belle étoile : 300km et 2684m+, pas si mal malgré ces 4h de pause imposés !

Jour 3
Aujourd’hui la neutralisation annoncée sera de 12h à 18h, les températures annoncées étant encore plus haute que la veille. L’objectif serait de faire 320km, pour n’être plus qu’à 150km de la base de vie d’Orléans demain, et pouvoir y être pour la pause neutralisation prévue aussi. Je me réveille donc à 5h, et pars avec pour objectif de dépasser Niort et de trouver un coin au bord de l’eau pour faire ma pause. On se rend compte du désert que certaines régions de France sont pour les ravitaillements : 80km de roulés avant de trouver une boulangerie ouverte ! (qui ne sera d’ailleurs pas ravie de nous voir, il était à peine 9h et on avait déjà vidés l’intégralité de ses étalages…)
Juste avant midi on reçoit une information de l’organisation : la préfecture du Loiret a interdit le sport en extérieur, par conséquent, tout ceux qui n’ont pas atteint Orléans avant midi doivent s’arrêter. il y aura un 2e départ depuis Albertville pour les 632km restant pour rejoindre Mandelieu. La première partie de ma course s’achève donc là, avec 161km et 1350m+ pour cette demi journée. Je me trouve un hôtel à Niort (très accueillant malgré mon état poisseux, et mon manque de vêtements potables… ils me prêteront même un T-shirt :D) J’en profite pour faire un petit tour dans la piscine, un GROS repas, et une petite nuit de 11h bien méritée 🙂 Je réserve une voiture de location pour le lendemain, et je traverse la France direction Albertville avec 2 compagnons d’infortune pour le 2e départ.

Jour 4 – 2e départ
Pour ce 2e départ, nous ne sommes plus que 93, alors que nous étions 240 à Hendaye… une vingtaine à réussi à être assez rapide pour dépasser Orléans, mais une partie des concurrents n’a pas pu/voulu rejoindre Albertville. Certains ont fait preuve d’une détermination sans faille, une concurrente a même pris le trajet le moins optimisé possible, avec pas moins de 10 TERs !
Je suis dans les starting blocks à 22h20, et je m’élance dans la nuit, pour une belle portions de plat, avant d’attaquer le Vercors. Cette fois je ne tente pas de dormir, j’ai appris et ma première journée ! Il fait bon de rouler sur ces horaires là, et le ciel est magnifique, j’adore vraiment l’ambiance la nuit. Avec le soleil qui arrive, la température monte, et je passe même à St Nazaire du désert le bien nommé (1 coca, 1 San Pellegrino et une glace !), et je roule jusqu’à la base de vie de Bollène. Les 60 derniers kilomètre de « plat » me paraissent interminables sous ce soleil de plomb, mais j’y arrive enfin ! Le but : une douche, un repas, 2h de sieste, puis me lancer en direction de Malaucène, et attaquer le début du Mont Ventoux, et voir quand est-ce que je serais fatigué. Problème : au réveil, il y a un orage sur le Mont Ventoux, et un vent de face à 40km/h pour aller à Malaucène… Je décide de dormir sur Bollène, et de faire la route tôt le matin quand ce sera calmé. J’aurais roulé 314km et 468m+

Jour 5
Réveil à 3h du matin cette fois, pour arriver en bas du Mont Ventoux au levé du soleil, et monter tant qu’il fait frais. Je m’attendais à un chantier interminable avec ses 21km à 7,5% et ses longs passages au dessus de 10%, mais au final ce sera une superbe ascension avec une vue à couper le souffle. Après 2h20 d’effort me voilà en haut, et après une petite pause photo/boisson, il est temps de redescendre et de profiter des champs de Lavandin. Je m’arrête vers 14h à Manosque : j’aurais pu finir la course dans la nuit, mais j’aurais fait le Verdon dans la canicule et je pense que je n’en aurais pas profité du tout, je préfère donc me poser, et faire 2 demi journées en profitant de la trace. Je pose le vélo après 162km et 3246m+.

Jour 6
Dernier jour ! Départ 4h, pour arriver au Lac de Sainte Croix pour le levé du soleil. Aucuns regrets sur ma décision de couper hier, c’est juste magnifique, et j’ai une patate d’enfer ce matin ! J’avale les 155km et 2330m+ en 7h, pour finir à Mandelieu avant qu’il ne fasse trop chaud. J’aurais donc bouclé seulement 1472km et ~20000m+… il en manque, mais l’expérience était juste magique. Au final, surtout mal aux mains et aux pieds (et un peu à l’arrière train, mais les jambes sont encore bien.

Thomas

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